Parmi les traits, l'oreille est « l'Officier de l'écoute » — l'organe qui recueille les sons et les conseils. Les manuels anciens lui donnent un vrai poids : sur la carte des âges, les quatorze premières années s'inscrivent tout entières sur les deux oreilles, d'où la formule classique : l'oreille « porte les fondations du premier âge ». L'oreille voyage aussi avec le folklore de la chance — quand on loue en chinois la bonne fortune de quelqu'un, le lobe est la première pièce du dossier. Avec ce détail charmant : les oreilles se cachent sur les côtés, souvent invisibles de face — une discrétion que les manuels ont pliée dans la légende même.
Les pièces : ourlet, pli interne et lobe
Le bord externe est l'ourlet (hélix), la crête cartilagineuse interne l'anthélix, et la chair souple du bas, le lobe. La vertu de base, pour les manuels : « ourlet et pli nettement dessinés » — roue externe régulière, pli interne formé, étagement propre — glosés en ordre et en éducation. Quand le pli interne déborde l'ourlet, l'étiquette classique est « la crête rebelle » : la vieille glose parle d'une indépendance farouche qui ne s'assied sous personne. Blâme autrefois ; aujourd'hui, cela se lit plutôt comme une note de caractère.
Les types d'oreilles célèbres
Les oreilles de bénédiction, dites « oreilles de Bouddha » : grandes, épaisses, à l'ourlet rond, au lobe plein tombant bas. C'est le type le plus fameux du canon populaire, lu traditionnellement comme une fortune large, un tempérament stable et de l'endurance sous l'épreuve. La statuaire des temples donne au Bouddha des lobes touchant les épaules — la même légende, portée à son comble cérémoniel.
Les oreilles décollées — évasées, bien visibles de face — reçoivent un récit à deux faces : prompt à saisir les nouvelles, un nom qui circule, l'audace de partir tôt courir le monde ; et, au revers, l'avertissement d'une bougeotte — beaucoup entendre, peu se poser. Leur contraire est l'oreille plaquée, invisible de face, honorée par le distique « regarde-le de face sans voir d'oreilles — demande de quelle maison vient ce fils » : classée par les vieux livres au rayon de l'engrangé-sans-montrer, le stratège qui ne bouge qu'à plan mûr.
Hauteur et épaisseur
La hauteur se lit contre la ligne sourcils-yeux. Des oreilles dépassant la ligne des sourcils sont glosées en esprit précoce — étude rapide, premières années fluides. Placées bas, elles se lisent en substance à chauffe lente, fondations qui s'achèvent tard ; les manuels couvrent d'ailleurs leur propre règle — « l'oreille basse n'est pas tardive, elle mûrit dans la profondeur » — en se ménageant une sortie. L'épaisseur est le registre de l'endurance : oreilles épaisses, réserves profondes et résistance ; oreilles minces, sensibilité fine, avec le vieux conseil d'engranger et d'aller sans hâte.
Le lobe a sa ligne à lui : plein, rond, légèrement incliné vers la bouche, c'est la célèbre « perle tournée vers la mer », enseigne du folklore de la chance. Petit et mince, il est glosé en nature légère, détachée des possessions — l'un des rares endroits où les manuels rendent gracieuse jusqu'à une absence.
Du folklore de l'oreille à la mesure
Le plus mesurable, chez l'oreille, est sa position : le sommet s'aligne-t-il sur les sourcils, la base sur la pointe du nez — la grille des Trois Sections prolongée au profil ; la formule classique « en haut au sourcil, en bas au nez » est déjà, en soi, une spécification de mesure. Les outils modernes vérifient sur photo l'oreille contre les lignes des sourcils, des yeux et du nez, et rangent « oreille haute, oreille basse » dans une tranche contrôlable avant d'ouvrir les gloses. En pratique, les cheveux sont le grand voile des oreilles — un protocole de mesure sérieux demande de les dégager : peut-être la seule consigne que lecteurs anciens et modernes partagent mot pour mot.
Pour clore : le folklore de l'oreille est le récit culturel par lequel les anciens ont assis trois images — écouter, engranger, bénir — sur ce trait discret. Prenez-le comme une lecture curieuse et une amorce d'observation ; tout ceci relève de la référence culturelle et du divertissement, jamais du jugement ni du conseil.