Le menton porte un titre grandiose dans les manuels anciens : le « Pavillon terrestre », ancre de la Section inférieure et sommet nord des Cinq Sommets du visage. Les anciens ayant projeté les trois zones verticales du visage sur trois étapes de la vie, la zone basse gouverne la suite du parcours et les fondations — d'où la vieille ligne : « la Cour céleste dit les premières années, le Pavillon terrestre les dernières. » Autour de lui, la tradition assied aussi les Palais du patrimoine et des soutiens — demeure posée, mains fiables à portée. Tout le chapitre se lit vers un seul mot : la stabilité.
Carré et rond : le socle du Pavillon
Le menton carré — os lisible, contour bien assis — est glosé traditionnellement vers la garde et l'exécution : ce qui est entrepris s'achève, ce qui est amassé demeure ; « Pavillon carré, soir épaulé », disent les vieux livres. Le menton rond — plein sans montrer l'os — prend le registre plus chaud : une compagnie qui se rassemble, un foyer qui chauffe. L'idéal, dans la formule classique, est « carré et pourtant rond » : assez d'os pour tenir, assez de chair pour adoucir. « Pavillon terrestre carré et rond » est à peu près le plus lourd compliment que sachent payer les chapitres du soir.
Le menton pointu et étroit — une Section inférieure qui s'effile vite — reçoit un récit à deux faces : pensée agile, goût fin, réponse prompte, victoire par la finesse sur une page ; sur la suivante, le conseil de bâtir tôt ses fondations — « où la Section basse est légère, plante tes racines de bonne heure. » Notez la grammaire : un rappel, jamais une sentence. Le menton fuyant se lit en patience à cultiver et pente à céder ; le menton en galoche en volonté ferme, lente à plier. Comme toujours, les gloses vont par paires.
Mâchoire et angles mandibulaires : la charpente porteuse
Une mâchoire large aux angles affirmés est, dans les manuels, la charpente de qui sait porter : endurant au labeur et au frottement — « l'échafaudage du faiseur ». Les vieux livres gardent aussi un blâme célèbre, « la mâchoire vue derrière les oreilles » — des angles si évasés qu'ils paraissent de dos, glosés en dureté qui ne fait pas demi-tour. Mais le même rayon écrit « l'os de la mâchoire gouverne le cran ». Un os, deux verdicts, côte à côte dans le canon. Portées jusqu'à nous, ces lignes ne se lisent plus que comme étiquettes culturelles : l'archive d'une admiration divisée des anciens pour la qualité qu'ils nommaient dureté.
Le double menton : la légende du « menton étagé »
Le double menton porte dans les classiques un nom digne : le « menton étagé ». Son récit est franchement bienveillant — Section inférieure d'abondance, allure d'aisance, lue traditionnellement vers une suite de parcours posée, avec de la bénédiction de reste ; quand la prose classique peint un aîné prospère, « menton étagé, bajoue généreuse » est la formule consacrée. Le registre importe : les livres louent la plénitude du contour du bas du visage comme image — c'est « l'allure » de la physiognomonie, nullement un propos sur le poids. Les anciens lisaient la forme, pas la balance.
Du Pavillon à la mesure
Toute glose du menton repose sur des rapports : part de la Section inférieure dans la hauteur du visage, largeur de la mâchoire contre largeur des pommettes, angle d'effilement du menton — ces nombres tranchent entre « carré-rond » et « pointu-étroit », là où l'œil nu ne peut qu'estimer. L'angle de prise de vue mord ici plus fort que partout ailleurs : tête baissée, le menton raccourcit ; tête levée, il s'allonge ; quelques degrés renversent le verdict. Les outils modernes mesurent sur une photo bien de face les proportions de la Section inférieure et les angles de la mâchoire, fixent d'abord la tranche, puis seulement posent à côté les gloses classiques. Mesurer, puis lire — seule voie stable dans ce chapitre.
Pour clore : « Pavillon carré et rond couronne le soir » est un récit culturel — les anciens écrivant sur le menton leur vœu d'une suite de vie stable. Le lire, c'est lire les valeurs d'une tradition : les racines d'abord, garder plutôt que conquérir. Prenez-le comme curiosité culturelle et amorce d'observation ; tout ceci relève du divertissement et de la référence culturelle, jamais du jugement ni du conseil.